Parmi les enfants de la rue que je croise, il y a Bride (prononcez en français) qui cire les chaussures et me demande de temps en temps de lui remplacer cirage et brosses parce que, régulièrement, la police lui confisque son matériel et sa recette de la journée.

Ce matin, Bride m'alerte que son ami “Ça-m'arrange“ a été arrêté et se trouverait au poste de police de la Coupole. Je vois bien qui est le gamin dont il parle, un petit toujours souriant. Accompagné de Bride, je file à “la Coupole“, face au restaurant du même nom. Le joli bâtiment colonial aux arêtes peintes en bleu policier est un désastre à l'intérieur : pas une vitre entière, des cloisons défoncées et un bureau miteux derrière lequel se tient un policier en uniforme. Un de ses collègues poursuit un enfant qui hurle et me supplie d'intervenir pour ne plus recevoir de coups de sangle que le sadique lui assène comme un chat qui s'amuse avec une souris. Stoïque, je pense à mon objectif, compromis si je me mêle à cette histoire. Bride et moi regardons la pointe de nos souliers.


J'apprends qu'en fait, Ça-m'arrange n'est pas seul mais il sont trois ! Il y a aussi Vanessa (un garçon) et Christopher. S'ensuit un une conversation de dupe avec appels et contre-appels au Commissaire qui se trouve dans une pâtisserie. Les enchères montent. Avec ce que j'ai, je n'ai de quoi libérer qu'un seul enfant. Je décide de ne pas faire de favoritisme et de les prendre tous ou aucun. La scène dure plus d'une heure. L'endroit est sale. Tout m'y répugne, des hommes au bâtiment ... A SUIVRE

Cette histoire, qui me hante jusqu'à ce jour quand je pense au sort des enfants de la rue, je l'ai écrite récemment. Elle sortira dans un recueil d'histoires courtes prévu pour 2027 (recueil dont le titre provisoire est "Vent debout").